La fleur du pouvoir

Aperçu

Nous nous définissons nous-mêmes selon notre identité personnelle (les aspects desquels nous tirons une fierté spéciale ou que l’on comme inchangeables) et selon notre identité sociale (les groupes sociaux auxquels nous appartenons). Dans cette activité, les personnes étudiantes cartographieront leurs identités sociales et examineront comment certaines identités sont normalisées et privilégiées contrairement à d’autres. Ensuite, elles créeront un diagramme de Venn sur l’action pour l’équité pour explorer leur pouvoir personnel et comme elles pourraient l’utiliser pour bâtir un futur plus juste.

Utilité

Préparations

Les personnes enseignantes sont encouragées à compléter l’activité de la fleur du pouvoir et du diagramme de Venn avant d’enseigner la leçon pour ainsi être préparées à piloter les activités.

  1. Engagez les personnes étudiantes en leur donnant cinq minutes pour écrire le plus de réponses différentes à la question « Je suis… ». Elles peuvent répondre en ligne ou sur la copie de « Qui suis-je? ».
  2. Faites le bilan de l’activité. Demandez s’il y a des personnes volontaires pour présenter brièvement leurs réponses. Inscrivez les réponses sur le tableau en deux colonnes : identité sociale et identité personnelle (voir exemple plus bas). Après le partage d’environ trois personnes, expliquez qu’il y a plus qu’une façon de se définir. Nous pouvons nous définir par notre identité personnelle (les aspects de notre personne dont nous tirons de la fierté ou que nous voyons comme immuables) et par notre identité sociale (les groupes sociaux auxquels nous appartenons).

Identité personnelle

  • Loyal(e)
  • Joueur(-se) de basketball
  • Fan de K-pop
  • Bon(-ne) cuisinier(-ère)
  • Procrastinateur(-rice)
  • Roi ou reine de la fête

Identité sociale

  • 18 ans
  • Frère ou sœur
  • Nigéro-Canadien(-ne)
  • Non binaire
  • Francophone
  • Musulman(e)
  1. Partagez l’objectif de l’activité. Mettez l’accent que le cours d’aujourd’hui est tout d’abord sur l’exploration de l’identité sociale et que l’exploration de l’identité personnelle est secondaire.
  2. Montrez aux personnes étudiantes comment remplir la fleur du pouvoir. Dites-leur que remplir la fleur devrait les aider à en apprendre plus sur leurs identités sociales et leurs relations avec les gens au pouvoir.
  1. Invitez les personnes étudiantes à remplir la fleur du pouvoir. Dans les pétales externes, les personnes étudiantes devraient identifier les groupes socialement dominants (privilégiés) ET donner un exemple d’un privilège qu’a ce groupe. Dans les pétales internes, les personnes étudiantes devraient écrire comment ELLES s’identifient. Il y a un pétale vide dans la fleur du pouvoir. Les personnes étudiantes sont encouragées à l’utiliser pour souligner un aspect de leur identité sociale qui est absent de la fleur (comme le poids, la forme du corps, l’ethnicité, le mode de vie urbain/rural, etc.
  2. Invitez les personnes étudiantes à réfléchir sur ce qu’elles ont appris lors de l’activité sur la fleur du pouvoir. Elles peuvent utiliser leur journal dialogué pour répondre ou discuter en petits groupes.
  3. Pilotez une discussion avec le groupe-classe à propose de l’activité de la fleur du pouvoir. Après que les personnes étudiantes aient une la chance de partager, synthétisez les idées principales et approfondissez les réflexions. Voici quelques points que vous pourriez accentuer :
    • Identité sociale: Nous avons toutes et tous une identité sociale complexe qui est construite à partir de différents aspects (identités raciales, de classe, de genre, etc.). Puisque chaque personne possède plusieurs identités, certaines personnes peuvent être privilégiées dans un sens et marginalisées dans un autre. Nos identités sociales façonnent nos défis et nos occasions favorables, mais celles-ci ne nous définissent pas.
    • Connaissance de soi: Les personnes étudiantes (particulièrement celles appartenant à un groupe privilégié) rapportent souvent des sentiments de remords, de tristesse ou de colère lorsqu’elles découvrent faire partie d’un groupe privilégié. L’objectif de cette activité n’est pas de faire en sorte que les personnes étudiantes se sentent mal, mais bien qu’elles deviennent conscientes de leurs identités sociales et choisissent un plan d’action. Le privilège est comme la taille de nos pieds, il n’est pas mérité. Nous ne pouvons pas changer la taille de nos pieds, mais nous pouvons regarder où nous marchons. Réfléchir sur nos identités sociales peut nous alerter de nos forces et de nos angles morts pendant que nous bâtissons un monde plus juste.
    • Pouvoir et privilège: Le pouvoir et le privilège sont des composantes nécessaires de l’oppression. Comme David et Derthick (2017) l’expliquent, « simplement ne pas apprécier ou défavoriser une personne selon son appartenance à un groupe social est problématique, mais ce n’est pas automatiquement de l’oppression. Les opinions ou les comportements biaisés doivent être soutenus, légitimés et protégés par des institutions, des normes, des standards et des préconceptions sociopolitiques (le pouvoir et le privilège) pour que des stéréotypes, des attitudes préjudiciables et des comportements discriminatoires deviennent de l’oppression ».
    • Les Olympiques de l’oppression: Parfois, certaines personnes et certains groupes peuvent compétitionner pour le titre des « plus opprimés ». Qui subit le pire : le garçon intimidé parce qu’il est gai ou la femme musulmane qui n’a pas le droit d’enseigner parce qu’elle porte l’hidjab? Il est important de ne pas classer les groupes opprimés par niveau d’oppression. Toutes les formes d’oppression sont dommageables et injustes.
  4. Expliquez la différence entre le pouvoir personnel et le pouvoir social : Soulignez que le pouvoir social (le pouvoir provenant de l’appartenance à un groupe privilégié) n’est pas la seule forme de pouvoir. Tout le monde possède un certain niveau de pouvoir personnel dérivant des attributs personnels (expérience de vie, qualité de leadeurship, sens de l’humour, courage, curiosité, etc.). Le pouvoir social provient principalement d’une source externe à soi-même, mais le pouvoir personnel peut se développer et croitre.
  5. Démontrez comment compléter le diagramme de Venn sur l’action pour l’équité et expliquez que le but de l’activité est d’aider les personnes étudiantes à identifier leurs sources de pouvoir personnel et d’explorer comment elles peuvent en tirer parti pour créer un monde plus juste.
  6. Invitez les personnes étudiantes à compléter le diagramme de Venn. Dans le cercle du haut, elles doivent lister ce qui leur apporte du bonheur. Dans le second cercle, elles doivent lister leurs compétences, ressources et réseaux. Dans le troisième cercle, elles doivent lister ce qui doit être fait pour bâtir un monde plus équitable. Finalement, elles doivent identifier le chevauchement entre les trois cercles, soit leur pouvoir personnel pour construire un monde plus juste.
  7. Invitez les personnes étudiantes à partager leur diagramme de Venn complété avec leurs pairs. Elles peuvent publier le diagramme sur le forum de discussion du cours (par exemple, sur Moodle) ou en discuter oralement.

Si les personnes étudiantes ont écrit les réponses de l’activité de la fleur de pouvoir dans leur journal, demandez aux personnes étudiantes de vous le donner. Parce que cette activité peut être émotionnellement intense pour certaines personnes, nous recommandons de ne pas noter cet exercice.

La partie la plus importante de « l’évaluation » des journaux dialogués est de répondre d’une façon personnalisée, reconnaissante et réfléchie. Voici certains exemples de commentaire qu’une personne enseignante pourrait écrire :

  • « Je te remercie Alexis pour cette réflexion honnête et perspicace. J’apprécie vraiment ta suggestion d’ajouter un pétale pour l’apparence/attraction physique. Il y a, en fait, beaucoup de recherche qui montre qu’une personne qui est conforme aux critères de beauté conventionnels gagne plus d’argent qu’une personne qui n’est pas conforme à ces critères. »
  • « Félix, je lis ici que tu crains constamment que quelqu’un commente négativement quand tu parles ta langue maternelle. C’est un enjeu difficile à soulever. Merci de me faire confiance. Je suis ici pour te soutenir. »
  1. Cette activité demande aux personnes étudiantes de réfléchir sur des sujets sensibles, comme la sexualité, le statut de citoyenneté, la classe sociale et encore plus. Pour rendre cette activité plus sécuritaire, vous pouvez dire aux personnes étudiantes qu’elles sont libres de créer une personnalité fictive. Vous pourriez dire : « Cette activité n’est que pour vous, je ne vais pas ramasser les travaux. Aussi, je ne vous demande pas de divulguer des informations que vous ne voulez pas partager. Vous pouvez laisser des parties de la fleur vides ou répondre en tant que personnage fictif. C’est un moment où vous pouvez être qui vous voulez! »
  2. Cette activité requiert des personnes étudiantes de réfléchir sur des sujets sensibles, comme la sexualité, le statut de citoyenneté, la classe sociale et encore plus. Pour rendre cette activité plus sure, nous recommandons que les personnes enseignantes ne ramassent pas les fleurs du pouvoir des personnes étudiantes.
  1. Les personnes enseignantes peuvent utiliser l’activité de la fleur du pouvoir pour aider les personnes étudiantes à développer leur compétence à utiliser des preuves pour construire un argument. Par exemple, si une personne étudiante si les anglophones sont un groupe privilégié dans la langue, les personnes enseignantes peuvent répondre avec des questions qui mettent au défi la personne étudiante à clarifier sa pensée. L’une de ces questions peut être : « Pourquoi penses-tu que les anglophones sont avantagé(e)s par rapport à d’autres groupes linguistiques? ».