L’oppression en quatre i
Aperçu
Si nous ne sommes pas aptes à reconnaitre les mécanismes qui produisent et soutiennent l’oppression, il sera alors très difficile de s’en prendre aux injustices dans nos vies et nos communautés. Cette activité montre l’oppression comme un système et introduit les personnes étudiantes aux concepts d’oppression idéologique, institutionnelle, interpersonnelle et intériorisée.
Dans la première partie de cette activité, les personnes étudiantes regardent un segment de l’expérience en classe de Jane Elliot dans les années 1970, A Class Divided. Le film met en scène Jane Elliott, une enseignante de troisième année qui a divisé sa classe entièrement blanche de troisième année en groupes aux yeux bleus et aux yeux bruns et leur a donné une puissante leçon de discrimination. Un quiz post-film met les personnes étudiantes au défi d’identifier des exemples d’oppression idéologique, institutionnelle, interpersonnelle et intériorisée dans le film.
Dans la deuxième partie de cette leçon, les personnes étudiantes réfléchissent à des exemples d’oppression au sein du système scolaire et utilisent une pelote de laine pour créer une représentation visuelle de la façon dont les 4 I de l’oppression travaillent ensemble pour créer des barrières au sein du système scolaire.
Utilité
- Définir et donner des exemples d’oppression
- Expliquer le fonctionnement de nombreux niveaux d’oppression (idéologique, institutionnelle, interpersonnelle, intériorisée) qui travaillent ensemble à créer un système vicieux et apparemment inéluctable d’inégalité ;
- Cultiver l’espoir par la démonstration d’exemples de résistance collective contre l’oppression ;
- Réfléchir aux possibles sujets du projet Argumentaire pour l’équité
Matériel
- Copies de « Qu’est-ce qui est injuste ? » (une par personne)
- Documentaire « A Class Divided » de William Peters
- Vidéo « Legos and the 4 I’s of Oppression » de Eliana Pipes
- Questionnaire sur les 4 i de l’oppression (une par personne OU en ligne) ;
- Copies de « Les 4 i de l’oppression à l’école » (une par personne) ;
- Instructions de « Explorer la résistance collective » (une par personne) ;
- Pelote de laine
- Grand espace ouvert (comme un studio d’entrainement ou une salle de classe où les bureaux peuvent être déplacés)
A Class Divided est un documentaire provocant et les personnes étudiantes vont surement avoir beaucoup à dire. Les personnes enseignantes peuvent se préparer aux commentaires et aux questions en lisant la description de la vie et du travail de Jane Elliot par Stephen Bloom Lesson of a Lifetime (anglais seulement) ou l’article de Normand Baillargeon Yeux bleus et yeux bruns.
JOUR 1
- Animez une courte activité de bienêtre. Expliquez que l’objectif de l’activité de bienêtre est d’aider les personnes étudiantes à se préparer à des discussions potentiellement difficiles sur la discrimination.
- Invitez les personnes étudiantes à un remue-méninge avec la question « Qu’est-ce qui est injuste ? ». Commencez en ayant les personnes étudiantes écrire leurs réponses sur leur copie du travail. Ensuite, demandez à des volontaires de partager leurs idées. Inscrivez ces idées sur un tableau pour y revenir plus tard.
- Concluez l’activité en partageant une définition de l’oppression : « L’oppression est lorsqu’un groupe rend difficile ou même impossible pour d’autres groupes d’atteindre leur potentiel humain… Cela signifie de traiter les groupes sociaux opprimés de manière dégradante ou indigne… ou de leur nier des droits, privilèges, et protections et occasions égaux que le groupe au pouvoir possède et auxquels il jouit et bénéficie. » (David et Derthick, 2017). Par la suite, prenez deux ou trois exemples inscrits au tableau et expliquez brièvement en quoi ces exemples se conforment avec la définition. Finalement, soulignez que l’oppression est tellement répandue dans notre monde qu’il est possible que nous ayons toutes et tous été témoins d’oppression, infligé de l’oppression ou ressenti ses conséquences.
- Amenez les personnes étudiantes vers l’objectif de la leçon en posant la question rhétorique suivante : Pourquoi les problèmes identifiés n’ont-ils pas été résous, même si tant de gens les reconnaissent comme dommageables et injustes ? Dites aux personnes étudiantes que la classe d’aujourd’hui peut les aider à répondre à cette question.
- Montrez le vidéo du documentaire de PBS A Class Divided. Avant de commencer le documentaire, donnez une brève introduction au documentaire. Vous pouvez dire : « Si nous ne pouvons pas comprendre les mécanismes qui produisent et soutiennent l’oppression, nous risquons d’agir, volontairement ou non, de façon à renforcer la marginalisation et l’exploitation de certains groupes. Pour découvrir comment l’oppression fonctionne et ce dont nous avons besoin pour la démanteler, nous allons écouter un extrait d’un documentaire datant de 1985, A Class Divided. Ce film présente Jane Elliott, enseignante à la troisième année dans une école complètement blanche de la ruralité de l’Iowa. En réaction à l’assassinat de Martin Luther King, Jr., elle a pris une approche audacieuse pour enseigner au sujet de la discrimination à ses élèves. »
- Invitez les personnes étudiantes à traiter ce qu’elles ont vu dans le vidéo. Laissez-leur quelques minutes pour inscrire sur un papier, puis partager leur réponses à la classe :
- Une idée ou un fait surprenant ;
- Une idée ou un fait intéressant ;
- Une idée ou un fait
- Introduisez les quatre i de l’oppression. Dites aux personnes étudiantes que l’expérience de Jane Elliott sur la couleur des yeux révèle l’interaction de plusieurs niveaux d’oppression (idéologique, institutionnel, interpersonnel et internalisé) et la création d’un cercle vicieux et apparemment inéluctable d’inégalités systémiques. Ensuite, montrez le vidéo Legos and the 4 I’s of Oppression (sous-titres en français disponibles). Ce vidéo de trois minutes donne des exemples d’oppression idéologique, institutionnelle, interpersonnelle et internalisée. Après le visionnement, dites aux personnes étudiantes que comprendre comment les différents niveaux d’oppression fonctionnent nous permet de mieux nous attaquer aux injustices dans nos vies et dans nos communautés.
- Vérifiez la compréhension des personnes étudiantes des 4 i de l’oppression en leur faisant remplir le questionnaire sur les 4 i de l’oppression. Ce questionnaire demande aux personnes étudiantes de classer les évènements présentés dans le documentaire par niveau d’oppression.
- Aidez les personnes étudiantes à consolider leurs apprentissages en retournant aux exemples d’injustice partagés au début du cours et en les classant selon leur niveau d’oppression.
- Penser à voix haute : Prenez un exemple et montrez comment vous faites pour catégoriser l’exemple. Par exemple, vous pouvez dire : « Maria a souligné que les femmes ont plus de risques d’être agressées sexuellement que les hommes. Les agressions sexuelles peuvent être considérées comme de l’oppression interpersonnelle, car c’est un acte de violence perpétrée par une personne sur une autre. Il n’en demeure pas moins que ce sont l’ensemble des femmes qui sont plus à risque, ce qui indique que quelque chose d’autre se cache derrière cette violence. En ligne, dans les sports, dans les médias, dans les publicités, dans les paroles de chanson et encore plus, les femmes sont sexualisées, c’est-à-dire qu’elles sont représentées comme des objets sexuels pour les désirs d’autrui, plutôt que comme des personnes à part entière. La sexualisation des femmes est un exemple d’oppression idéologique. »
- Invitez les personnes étudiantes à penser à voix haute : Demandez à des volontaires de faire le même processus devant la classe. Demandez-leur d’expliquer leur raisonnement et si d’autres personnes ont des interprétations alternatives (par exemple, est-ce qu’un exemple peut être vu comme à la fois institutionnel et internalisé ?). Faites cela avec deux ou trois exemples
- Identifiez les tendances : Mettez en évidence les tendances que vous remarquez dans les exemples partagés par le groupe. Par exemple, il est possible qu’aucun des exemples offerts ne soit un exemple d’oppression internalisée. Invitez les personnes étudiantes à réfléchir à ses tendances. Pourquoi est-il plus facile d’identifier des exemples d’oppression interpersonnelle qu’internalisée ? Est-ce un problème ? Pour qui ?
- Créez un espace où les personnes étudiantes peuvent réfléchir à ce qu’elles ont vu. Pour les dernières minutes du cours, les personnes étudiantes devraient remplir un billet de sortie 3-2-1. Elles devraient écrire trois choses qu’elles ont apprises, deux questions qu’elles ont toujours et un aspect du cours qui les a aidés à apprendre. Leurs réponses peuvent donner des idées pour améliorer l’activité et la rendre plus engageante. Par exemple, vous pouvez explorer la question la plus commune dans une autre période. Retourner aux réponses sur les billets pendant les cours est un bon moyen de communiquer votre attention et souci pour votre groupe.
JOUR 2
- Animez une courte activité de bienêtre. Expliquez que l’objectif de l’activité de bienêtre est d’aider les personnes étudiantes à se préparer à des discussions potentiellement difficiles sur la discrimination.
- Rafraichissez la mémoire des personnes étudiantes sur les 4 I de l’oppression. Vous pouvez leur donner un petit jeu-questionnaire ou les faire travailler en équipe pour écrire leurs propres définitions des formes d’oppression.
- Expliquez que le défi aujourd’hui sera d’identifier des exemples d’oppression dans la structure sociale de l’école, structure qui leur est bien connue.
- Présentez l’activité en partageant des exemples idéologiques, institutionnels, interpersonnels et internalisés d’oppression que vous avez vécus ou vus lors de votre propre parcours scolaire. Reconnaissez que certaines expériences que vous avez eues peuvent leur sembler familières et d’autres étrangères. C’est normal. Le but ici est de réfléchir à des expériences personnelles et non universelles.
- Invitez les personnes étudiantes à effectuer le travail sur les 4 i de l’oppression à l’école. Cela peut être fait individuellement ou en équipe. Pendant la période de travail, circulez pour réviser les définitions et corriger les incompréhensions. Vous pouvez aussi noter les tendances dans les réponses. Par exemple, est-ce que les personnes étudiantes ont plusieurs exemples d’oppression institutionnelle, mais peu ou pas d’exemples d’oppression idéologique ?
- Engagez les personnes étudiantes à participer à l’exercice de la toile de l’oppression. Dites-leur que vous allez leur demander de partager des exemples d’oppression vus ou vécus à l’école. Reconnaissez que ce sujet est sensible et que la discussion peut faire revivre des souvenirs douloureux. Ces conversations requièrent donc du courage et de la confiance. Il sera plus facile d’avoir cette discussion si tout le monde connait les noms de leurs pairs. C’est pour cette raison que l’activité comment par un jeu sur les noms.
- Pilotez un jeu sur les noms : Les personnes étudiantes doivent être debout en cercle. La première personne commence la rotation en disant fortement son nom tout en faisant un mouvement. L’ensemble du groupe doit répéter le nom et le mouvement. La prochaine personne doit dire son nom et faire un mouvement. Encore une fois, le groupe répète les deux. Ceci continue jusqu’à ce que l’ensemble de la classe se soit présenté.
- Pilotez l’exercice de la toile de l’oppression : Les personnes étudiantes doivent être debout en cercle. La première personne nomme un niveau d’oppression et lance la pelote de laine à une seconde personne. Celle-ci doit donner un exemple de cette forme d’oppression à l’école (par exemple, le curriculum d’éducation sexuelle qui se concentre sur les relations hétérosexuelles, rendant l’accès à de l’information pour des relations sexuelles saines et joyeuses difficiles pour les personnes 2 LGBTQIA+). La seconde personne nomme ensuite un autre niveau d’oppression et lance la balle à une troisième personne. Cet exercice continu jusqu’à ce que tout le monde ait attrapé la pelote une fois. Vous pouvez faire en sorte que les personnes étudiantes lancent la pelote à vous à chaque fois de sorte à mieux assurer la distribution et favoriser la participation des personnes timides. Vous pouvez aussi dire aux personnes étudiantes qu’elles peuvent demander à leurs pairs des idées si elles n’en ont pas.
- Expliquez l’exercice de la toile de l’oppression. Toujours debout en cercle, les personnes étudiantes doivent s’imaginer au milieu de la toile et avoir les observations suivantes :
- La toile est une métaphore de la façon que le système scolaire peut sembler être pour une personne marginalisée à cause de sa race, de sa classe, de son genre ou de tout autre aspect de son identité social. L’oppression est un système qui peut sembler être un piège qui ne laisse aucun choix.
- Un système d’oppression existe, peu importe les individus qui y sont impliqués. Même si tout le monde dans la salle délaissait la boule de laine et partait, la toile existerait toujours. L’oppression n’est pas seulement le problème de quelques mauvaises personnes. Être passif (-ve) devant l’oppression n’est pas assez pour créer un monde plus juste. Nous devons activement démêler la toile.
- Invitez les personnes étudiantes à partager ce qu’elles ont appris. Dites-leur qu’au compte de trois, tout le monde devrait lâcher la laine et prendre trois respirations profondes. Animez par la suite un cercle de partage dans lequel chaque personne partage ses réactions et exprime sa gratitude envers quelqu’un d’autre dans la classe. Laissez le choix de ne pas le faire.
- Mettez au défi les personnes étudiantes à se remuer les méninges pour démêler la toile de l’oppression. Sur un tableau, inscrivez les idées en deux colonnes : résistance individuelle et résistance collective (voir l’exemple plus bas). Lorsqu’il y aura deux idées ou plus dans chaque colonne, expliquez qu’il y a différentes façons de combattre l’oppression. La résistance individuelle implique d’agir seul(e) alors que la résistance collective implique de travailler ensemble pour s’attaquer à l’injustice.
Résistance individuelle
| Résistance collective
|
- Invitez les personnes étudiantes à découvrir différents exemples de résistance collective. Distribuez une copie du travail Explorer la résistance collective et offrez la possibilité de travailler individuellement ou en équipe de deux. Certaines personnes peuvent demander de l’aide pour trouver un organisme, un groupe ou un mouvement social pour la recherche. Voici certaines questions pouvant les aider à démarrer :
- As-tu déjà signé une pétition ? Si oui, qui l’avait organisée et quel était l’objectif ?
- As-tu déjà participé à une manifestation ? Si oui, qui l’avait organisée et quel était l’objectif ?
- As-tu déjà fait un don à un organisme ? Si oui, qui l’avait organisée et quelle est la mission de l’organisme ?
- Est-ce que du contenu politique apparait parfois dans tes fils sur les réseaux sociaux ? Si oui, quels sont les enjeux discutés et qui a créé le contenu ?
Le travail d’exploration de l’action collective est vu comme une évaluation formative. Les personnes enseignantes peuvent le noter selon le niveau de complétion et utiliser les réponses pour guider leurs décisions pédagogiques. Les diapositives devraient vous permettre d’évaluer l’étendue de la compréhension des concepts d’oppressions idéologique, institutionnelle, interpersonnelle et internalisée.
- Le documentaire portant sur la classe de Jane Elliott a été tourné en 1970, et certains des termes utilisés par Elliott et ses élèves pour décrire les personnes noires et les autres groupes racisés sont racistes et déshumanisants. Par exemple, un élève de troisième année utilise le mot en N lorsque ses enseignantes demandent comment les gens de sa communauté traitent les personnes noires. Avant de montrer le vidéo, avertissez les personnes étudiantes que celui-ci contient des injures raciales et informez-les que ces termes ne peuvent pas être dits durant les discussions. Vous pouvez leur dire : « Il y a différentes perspectives quant à l’utilisation du mot en N. D’un côté, il communique une haine très laide. L’historienne noire Elizabeth Stordeur Pryor (sous-titres en français disponibles) décrit le mot en N comme une “capsule accumulant la douleur. Chaque fois qu’il est dit, il relâche dans l’atmosphère cette notion haineuse que les personnes noires sont moindres.” D’un autre côté, depuis au moins les années 1770, les personnes noires se sont réapproprié le mot et l’utilisent pour affirmer leur humanité devant un racisme continue. Aujourd’hui, le mot en N est aussi utilisé par beaucoup de jeunes comme terme de tendresse. Vu la complexité de ce terme, je ne vais pas contrôler ce que vous dites en dehors de la classe. Cependant, en ce qui concerne nos discussions en classe, je vous demande de ne pas utiliser ce mot ni aucun autre mot déshumanisant. Ceci est pour nous assurer que tout le monde se sente en sécurité dans la salle de classe et non la cible de racisme ou de haine. »
- La toile de l’oppression demande aux personnes étudiantes de réfléchir à des sujets sensibles pouvant invoquer des souvenirs douloureux. Pour rendre cette activité plus sécuritaire, rappelez aux personnes étudiantes que vous leur demandez de partager seulement ce qu’elles se sentent à l’aise de partager. Vous pouvez aussi vous référer aux lignes directrices de la classe en mettant l’accent ou en ajoutant des règles. Par exemple, pour que les personnes étudiantes se sentent bien, voici certaines règles :
- Écoutez les autres lorsqu’iels parlent. N’interrompez personne et ne vous introduisez pas dans des conversations privées.
- Reconnaissez que vous êtes toutes et tous en apprentissage. Soyez ouvert(e)s à changer votre perspective et laissez l’espace aux autres pour faire de même.
- Ce qui est dit en classe reste en classe. Ne partagez pas les histoires des autres sans leur permission.
Le documentaire A Class Divided a été tourné en 1970. Pour éviter l’impression que l’oppression n’est que chose du passé, les personnes enseignantes peuvent partager des ressources plus contemporaines.
Livres
- The Care We Dream of: Liberatory and Transformative Approaches to LGBTQ+ Health par Zena Sharman
- NoirEs sous surveillance : Esclavage, répression et violence d’État au Canada par Robyn Maynard
- Tiohtiá:ke par Michel Jean
- Kuei, je te salue : Conversation sur le racisme par Natasha Kanapé Fontaine et Déni Ellis Béchard
Poèmes et chansons
- Citizen : An American Lyric par Claudia Rankine
- Crooked Braid écrit par Eve Ensler et performé par Tantoo Cardinal
- What’s Going On par Marvin Gaye
- Génocide de Samian
Courts-métrages
- Home Ownership Is Rigged against Black People by Amber Ruffin
- Devoir de mémoire par Ewan Affleck, Christopher Paetkau, Chloe Ross-Rogerson, Adam Gualtieri et Stephen Gladue
Documentaires
- Inuk en colère par Alethea Arnaquq-Baril
- Migrant Dreams by Ming Sook-Lee
- La leçon de discrimination par Radio-Canada
- Lesson of a Lifetime par Stephen Bloom
- Teaching for Diversity and Social Justice par Maurianne Adams, Lee Anne Bell, Diane J. Goodman, Davey Shlasko, Rachel R. Briggs et Romina Pacheco
- Teaching the N-Word par Michelle Kenney
- Oubliées ou disparues par La Boite Rouge Vif
- Mikana
- 1,5 heures (Jour 1) + 1,5 heures (Jour 2)
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