Le colonialisme au Canada
Aperçu
Avant d’enseigner du contenu concernant les Autochtones, il est nécessaire que les personnes étudiantes soient éduquées sur l’histoire et la réalité contemporaine des Premiers Peuples vivant au Canada. Ce plan de leçon est conçu dans le but d’aider les personnes étudiantes à s’engager dans leur apprentissage de l’histoire du colonialisme et de la résistance autochtone par l’interactivité. De plus, ce plan inclut un aperçu de l’histoire et de la situation actuelle du Canada en ce qui a trait aux peuples originels de ce territoire. Finalement, ce plan utilise quelques-unes des pédagogies autochtones, car il se concentre sur la narration, les relations et l’apprentissage décolonial.
Ce plan de leçon contient deux composantes. Premièrement, la personne enseignante présentera une série de diaporamas PowerPoint (accompagnée de notes pour la personne enseignante) qui inclut des questions réflexives pour aider les personnes étudiantes à se situer et à penser leur propre relation avec le colonialisme au Canada. Deuxièmement, les personnes étudiantes travailleront en équipe pour catégoriser diverses cartes d’évènement concernant l’histoire autochtone et coloniale dans le but de reconnaitre et analyser les motifs récurrents de résistance et d’oppression.
Utilité
- Préparer les personnes étudiantes à avoir des conversations à propos des peuples autochtones
- Aider les personnes étudiantes à rassembler l’information, l’histoire et le langage corrects pour parler convenablement du colonialisme
- Amener les personnes étudiantes à réfléchir sur leur propre relation avec le colonialisme au Canada.
Matériel
- Puisque cette leçon peut déclencher des traumatismes ou être bouleversante pour les personnes étudiantes des Premiers Peuples, la personne enseignante doit avertir les personnes étudiantes que cette leçon aura lieu. Mentionnez le moment du cours et son contenu portant sur le colonialisme. Dites aussi à votre classe (au groupe puisque ce ne sont pas toutes les personnes autochtones qui vont s’identifier ouvertement à vous) que toute personne étudiante autochtone peut choisir de ne pas assister à la leçon sans pénalité sur la matière. Il faut aussi reconnaitre que la plupart des personnes étudiantes autochtones connaissent déjà l’information contenue dans la leçon, entre autres par les récits de leurs Ainé.e.s et gardien.ne.s du savoir. Ainsi, la matière vue peut leur être redondante.
- La personne enseignante devrait déjà être bien informée de cette histoire et devrait avoir réfléchi à sa propre relation avec le colonialisme auparavant.
- Puisque le langage entourant le colonialisme et du racisme et les sujets eux-mêmes peuvent être des sujets très sensibles, il est nécessaire que les personnes étudiantes aient déjà eu au moins une occasion de se connaitre et de se lier avec le reste de l’équipe avant l’activité. Assurez-vous qu’au moins une activité de développement de l’esprit d’équipe ait eu lieu.
- Expliquez l’objectif général de la leçon de la journée: offrir aux personnes étudiantes les bonnes informations, le langage correct et l’histoire pour discuter à propos des peuples autochtones et du colonialisme au Canada.
- Montrez l’organisation de la leçon: deux parties, dont l’une avec une présentation et l’autre avec des cartes. La présentation contient l’histoire tandis que les cartes offrent l’occasion de participer activement et de trouver des tendances de l’histoire.
- Faites le cours en utilisant la présentation PowerPoint « Le colonialisme au Canada » ; et donnez du temps aux personnes étudiantes à écrire leurs réponses aux questions de réflexion incluses dans le diaporama. Les personnes étudiantes à utiliser leur journal dialogué ou du papier pour inscrire leurs réponses aux questions réflexives. Pour vous assurer de leur participation active, vous pouvez leur mentionner que vous allez ramasser les réponses à la fin de la partie magistrale de la leçon.
- Formez les équipes. Chaque équipe recevra un paquet de cartes d’évènement à catégoriser et à analyser. Les équipes devraient avoir environ trois (3) cartes par membres. Chaque équipe doit recevoir un paquet de cartes et doivent être demandée de les catégoriser ou organiser d’une quelconque façon.
- Invitez les équipes à partager les modèles/catégories qu’elles ont identifiés. Demandez aux personnes étudiantes de venir et d’utiliser les tableaux blancs ou des affiches pour écrire les modèles/catégories qu’elles ont découverts ainsi que la place des cartes de leurs équipes dans ces catégories. Même si ce segment est interactif, il est important de rappeler aux personnes étudiantes que le sujet est réel et que l’oppression est toujours en cours. Ainsi, l’activité ne doit pas sembler être un jeu en salle de classe.
- Pilotez une discussion des catégories et des tendances avec la classe entière. Il devrait y avoir plusieurs catégories et motifs, tels qu’oppression, actes coloniaux, résistance, systèmes empreints de colonialisme (santé et services sociaux, éducation, etc.), cartographie chronologique, etc.
L’objectif principal de l’activité est d’équiper les personnes étudiantes avec le savoir nécessaire pour se sentir confortable d’aborder des sujets sensibles. Donc, la leçon devrait autonomiser les personnes étudiantes et leur donner espoir maintenant qu’ils et elles ont les mots et les connaissances historiques pour comprendre la position des Premiers Peuples au Canada. Cela dit, apprendre et réfléchir sur le colonialisme historique et contemporain peut parfois déclencher des traumatismes, retraumatiser, bouleverser ou être révélateur pour certaines personnes étudiantes. Allez-y doucement et préparez une liste de services en santé mentale au cas où une personne étudiante aurait besoin de l’aide avec des émotions fortes.
L’un des risques de se concentrer sur l’histoire du colonialisme au Canada est de donner l’impression que les peuples autochtones ne sont que des victimes et que les personnes allochtones devraient avoir honte et avoir des remords. Les Premiers Peuples ne sont pas des victimes passives, mais plutôt des communautés résistantes, vibrantes et florissantes malgré et face à l’oppression coloniale. Quant aux remords, ils ne sont pas utiles, puisqu’ils paralysent. Invitez les personnes étudiantes à traverser cette phase pour aller à la prochaine qui est celle de l’action pour rebalancer le pays. Tentez de ressortir les raisons justifiant et soutenant l’espoir critique lorsque la classe découvre les catégories et tendances. Portez attention aux moments de résistance, de protestation et de réclamation de la culture.
La composition de la classe peut inclure des personnes issues de l’immigration récente ou des enfants de personnes immigrantes provenant de pays colonisés. Ces gens peuvent être dans une position complexe et difficile puisqu’ils passent de personnes colonisées à colon. e. s/personnes colonisatrices, en particulier quand les colon.e.s/personnes colonisatrices du départ ne ressemblent pas physiquement à leur famille. Le rôle des personnes issues de l’immigration récente dans la réconciliation est compliqué, mais il faut noter qu’en tant que personnes citoyennes du Canada, elles bénéficient d’une histoire et des conditions actuelles du colonialisme dans le pays. De plus, en tant que personne citoyenne du Canada, elles ont la responsabilité, tout comme l’ensemble des colon.e.s/personnes colonisatrices de résister à toutes formes d’oppression, incluant celle contre les Premiers Peuples.
Voici quelques ressources discutant de cet enjeu que vous pourriez partager en classe :
- La réussite scolaire des immigrants et des autochtones par le Réseau d’information pour la réussite éducative
- La perception des immigrants par les autochtones par Raymond Desmarteau
- They’re not Indigenous – but they’re learning Indigenous languages par Duncan McCue
Les personnes étudiantes allochtones peuvent être sur la défensive lorsqu’elles sont confrontées à ce sujet. Leurs réactions peuvent aller des arguments de déni individuel (par exemple : « Ce n’est pas moi qui ai fait ça, donc pourquoi je devrais me sentir mal ou payer pour ça ? ») aux arguments de cycles civilisationnels (« L’histoire humaine est comme ça, les peuples apparaissent et disparaissent. »), en passant aux arguments pseudobiologiques ou de la loi du plus fort (« On a conquis le territoire donc on l’a gagné. »). En tant que personne enseignante, il est nécessaire de se préparer à ces arguments et y réfléchir. Les ressources suivantes peuvent vous aider :